//Totema Studio poursuit sa quête sur le marché indépendant

Totema Studio poursuit sa quête sur le marché indépendant

Depuis la sortie de leur tout premier jeu Game of Thumbs en décembre 2016, c’est avec motivation que les membres du studio saguenéen Totema studio poursuivent leur route dans l’industrie vidéoludique. Afin de savoir où en est l’équipe dans ses projets, nous nous sommes entretenus avec leur directeur artistique, Samuel Taillon.

Par Jessica Normandin

Capture d’écran de School Escape. Source: Totema Studio
Un nouveau jeu qui créé l’engouement

À l’approche de la seconde édition du Saggeek, l’équipe de Totema Studio a créé plusieurs prototypes qui pourraient être essayés par les visiteurs lors du salon. Le but était de créer des jeux qui, sans être terminés, pourraient être agréable à jouer.

Selon les avis des différents joueurs ayant essayé les prototypes, un semble avoir attiré plus l’attention que les autres : School Escape. Un beat’em all avec une légère touche de RPG où l’on incarne des élèves du secondaire devant combattre des extraterrestres qui tentent d’asservir la race humaine. Suivant le désir de Totema studio d’offrir aux joueurs une expérience multijoueur local, School Escape est un jeu coopératif qui se joue entre amis.

« Aujourd’hui, on voit beaucoup de jeu multijoueur en ligne. Bien que j’aime jouer à l’occasion à des jeux en ligne, il reste tout de même que nous ne sommes pas réellement avec des gens. Une fois la partie finie, on est seul. Chez Totema studio, on souhaite ramener le plaisir de jouer avec des gens qui sont juste à côté de nous. » Confie Samuel Taillon.

Afin de favoriser la coopération, tous les personnages jouables possèdent leurs propres caractéristiques et sont complémentaires entre eux. D’ailleurs, alors qu’il observait des gens jouer à School Escape, Samuel Taillon fut surpris de voir les stratégies qu’élaboraient les joueurs : « Au début, lors des cinq premières minutes de jeux, ils ne se parlent pas, puis ils meurent!  Plus ça avance, plus ils coopèrent entre eux pour avancer. Et ils font parfois des choses que je n’aurais même pas crues possible de faire. C’est toujours difficile pour nous de ne rien dire lorsqu’on les observe. C’est ça le vrai test ; voir s’ils peuvent avancer d’eux-mêmes. »

Échange avec la communauté

« Il y a beaucoup de gens qui aimeraient faire des jeux vidéo, mais ils n’ont pas vraiment de compétences en programmation ni en graphisme ou même en game design, mais ils ont pleins de bonnes idées et ils aimeraient ça contribuer d’une certaine manière. » Souligne Samuel Taillon.

Pour répondre à cette demande, l’équipe de Totema studio a créé une page Patreon où, en échange d’une contribution monétaire mensuelle, les internautes peuvent avoir accès à du matériel exclusif en fonction du montant donné.  Entre autre, les donateurs auront droit à des accès anticipés des différents prototypes en création afin de les tester. Ils pourront ensuite donner leur avis, mais aussi leurs suggestions.

« Souvent, j’essaie de leur demander ce qu’ils aimeraient voir dans notre jeu via notre groupe privé sur Facebook. Pour School Escape, par exemple, je leur avais demandé quels clichés de l’école secondaire aimeraient-ils voir chez les personnages du jeu et quelles capacités ces personnages devraient-ils avoir. Les gens ont vraiment embarqué et plusieurs idées de personnages jouables nous ont été proposées. »

Finalistes de la série Indie d’Ubisoft

Le développement de School Escape bénéficie ces jours-ci d’un statut de finaliste au concours de la Série Indie du studio Ubisoft. Totema studio fait en effet partie d’une courte liste de studios indépendants qui pourraient se mériter un grand coup de pouce de la part d’Ubisoft et de ses partenaires.

Ainsi, le 15 mars prochain, l’équipe saguenéenne se rendra à Montréal dans l’espoir de remporter les honneurs de ce concours. Les prix comprennent d’importantes sommes d’argent à investir dans le projet du studio gagnant, des dispositifs de mentorat ainsi qu’un soutien à la promotion et à la mise en marché.

Capture d’écran de School Escape. Source: Totema Studio
Une première expérience sur le marché

Suite au lancement de leur première production Game of Thumbs, l’équipe jugeait qu’il était important pour eux de se réunir afin de faire le point sur leur expérience. Ainsi, ils ont pu mettre le doigt sur ce qu’ils ont bien fait, mais aussi sur ce qu’il y aura à améliorer dans leurs futures productions. Selon Samuel Taillon, l’objectif fixé par l’équipe est réussi : « L’objectif de Game of Thumbs était de faire un premier jeu, vivre l’expérience de la conception, trouver l’idée, la vendre sur les marchés dématérialisés… »

Même s’il est globalement satisfait de Game of thumbs, Samuel Taillon croit que certains aspects liés au processus de création sont à améliorer pour leur prochaine production. Notamment en ce qui concerne la diffusion. « Je pense qu’on a eu du mal à le faire passer à un autre niveau que les médias locaux. » affirme-t-il.

De plus, après avoir discuté avec d’autres studios et lu sur le sujet, l’équipe de Totema studio a pris conscience de certains éléments importants qui n’ont pas été intégrés à la production. Samuel Taillon pense notamment au Mom test : « Le Mom test, c’est lorsque tu prends un jeu et que tu le mets entre les mains d’une personne qui n’est pas du tout dans la tranche d’âge ciblée par le jeu. Tu la laisses jouer, tu ne dis rien et tu regardes ce qui se passe. Normalement, si le jeu est bien construit et que ses contrôles sont faciles à prendre en main, la personne devrait arriver à comprendre le jeu.» Dans le cas de Games of Thumbs, la phase de test s’est surtout faite auprès de joueurs initiés, passionnés de jeux-vidéo, ce qui leur a fait passer à côté de potentiels problèmes qui peuvent être rencontrés par des néophytes.

Depuis sa sortie, le jeu Game of Thumbs a atteint le pallier des 1500 téléchargements.