//Trésors en pixel : The Cat Lady

Trésors en pixel : The Cat Lady

Cette semaine, c’est vers un jeu qui me tient particulièrement à cœur que l’on se tourne. Celui-ci n’est pas des plus connus, tout comme le studio Harvester Games qui en est le créateur. Bref, cette semaine, nous parlerons de The cat Lady.

Par Jessica Normandin

Capture d’écran de The Cat Lady

S’apparentant au genre du point’n click puisqu’il en reprend plusieurs codes, The cat lady est un jeu d’horreur psychologique où l’on incarne une femme de la quarantaine en proie à une sévère dépression. Celle-ci n’a pour compagnon que les chats errants de son quartier.

Alors qu’elle met fin à ses jours, celle-ci est projetée dans un univers parallèle où elle rencontre une dame mystérieuse surnommée la Reine des asticots. Celle-ci lui donnera une mission bien particulière : elle devra retourner sur Terre afin d’y éliminer cinq psychopathes que l’on appelle les «parasites». Ici, pas d’êtres surnaturels. L’horreur qui attendra le joueur au cours de l’aventure est la folie humaine à l’état pure.

Pour l’aider dans sa mission, Suzan recevra un pouvoir d’immortalité qui pourra lui être d’une grande aide lorsqu’elle se retrouvera en mauvaise posture. Lors de sa quête, elle sera rejointe par Mitzi, une jeune femme à la santé précaire.

Contrairement à plusieurs jeux du genre, The Cat Lady n’est pas principalement un jeu d’enquêtes. Beaucoup plus centré sur l’histoire et les dialogues, il s’agit d’un jeu qui s’adresse d’avantage aux joueurs qui désirent découvrir un récit magnifiquement bien amené et prenant, malgré plusieurs longueurs.

Une direction artistique assumée

Hélas, The cat Lady est un jeu qui peut rebuter aux premiers abords, à raison de son style graphique particulier. Non pas qu’il soit laid, mais ses couleurs ternes et l’ambiance austère lui donne un aspect déprimant. Toutefois, lorsque l’on se laisse submerger par l’histoire, on oublie rapidement ce bémol : les choix artistiques collent parfaitement à l’univers du jeu! Tout y est calculé pour laisser au joueur un sentiment d’oppression, d’angoisse, voir même de solitude.

De plus le personnage de Suzan est grandement intéressant, notamment par le fait qu’elle ne correspond pas à l’archétype féminin que l’on a l’habitude de croiser dans les jeux vidéo. Physique banal, personnalité n’ayant rien de spécialement attrayant, Suzan est une femme des plus ordinaires. Pourtant, ce chara design qui peut sembler austère se retrouve renforcé lorsqu’on apprend à connaître le personnage. Suzan est une femme solitaire qui ne désire pas la compagnie humaine, préférant de loin celle des chats. Même si elle n’a pas une personnalité des plus agréables, on s’attache assez rapidement à cette vulnérabilité à laquelle on peut parfois s’identifier. Les angoisses ressentis par le personnage sont d’un réalisme déconcertant.

De l’espoir malgré tout

Bien que la personnalité dépressive de Suzan soit au cœur du récit, une certaine vague d’espoir est tout de même présente et ce, grâce à l’arrivée de Mitzi. Même si elle est atteinte d’une maladie incurable qui la gruge petit à petit, celle-ci aura une influence positive sur Suzan. Unique amie dans un monde qu’elle déteste, Suzan trouve enfin une personne à qui elle peut se confier, mais surtout, qui  arrive à comprendre son mal de vivre.

Malgré quelques petits soucis, comme une traduction française qui est parfois plus que douteuse, les défauts de ce jeu sont pardonnables vu la qualité du reste. Déroutant et angoissant, le jeu regorge de situation qui mettra les nerfs du joueur à vif, évoquant en lui des frissons d’effroi, mais aussi de dégoûts face à la perversité dérangée de certains «parasites» que Suzan doit éliminer. Toutefois, la plus grande richesse de ce jeu réside dans sa capacité à mettre des mots et des images sur ce mal invisible qu’est la dépression.