//Des étudiant.es roué.es de coups par une milice fasciste à Montpellier

Des étudiant.es roué.es de coups par une milice fasciste à Montpellier

Dans la nuit du jeudi 22 mars dernier, un groupe d’environ dix à quinze hommes cagoulés, armés de bâtons, de tasers et de gants renforcés seraient entrés dans un amphithéâtre de l’Université de Montpellier afin de déloger les étudiants qui occupaient le lieu et tenaient une assemblée.

Collaboration spéciale – Adrien Guibert-Barthez

Capture d’écran de la vidéo de l’agression filmée par Léna X.

Nombreuses sont les images de violences entre manifestants et policiers. Bien que difficile à accepter, la violence utilisée par les policiers est légale et acceptée par une majorité de la population. Là où ça choque davantage, c’est quand la violence est utilisée par un autre que l’État.

Que s’est-il passé exactement ? Résumé des faits et rumeurs :

  1. Le 22 mars était une journée de mobilisation nationale des grandes associations étudiantes contre le « Plan Étudiants ». [1] Les étudiant.es de la Fac de droit de Montpellier y participe localement.
  2. En soirée, des étudiant.es occupent un amphithéâtre dans le même but de manifester contre le « Plan Étudiants ».
  3. Vers minuit, un groupe d’homme armés et cagoulés font irruption. Les étudiant.es sont frappé.es, bousculé.es, plaqué.es à terre et certains trainé.es à terre jusqu’à l’extérieur.
  4. Un règlement interdisant aux policiers de rentrer dans les universités sans l’accord de la direction, les policiers et pompiers présents ne sont pas rentrés pour protéger les étudiant.es.
  5. Trois étudiant.es partent en ambulance, certain.es ayant de graves lésions à la tête.
  6. Le lendemain, le doyen de la faculté de droit démissionne, mais dément toute participation aux événements.

Les rumeurs sont encore plus graves :

  1. Selon les étudiant.es présent.es, le doyen lui-même aurait ouvert une porte barrée à clé pour laisser entrer le groupuscule.
  2. Le doyen aurait été jusqu’à pointer les étudiant.es à cibler par les hommes armés.
  3. Le doyen aurait essayé de fermer la grille sur les étudiant.es pour les empêcher de sortir.
  4. Un professeur de droit aurait aussi participé aux évènements. Il a avoué avoir été présent, non cagoulé et avoir donné des coups (pour se défendre dit-il).

La police et le ministère de l’éducation nationale ont ouvert une enquête, personne ne sait officiellement qui était le groupe armé.

Cependant, tout laisse à croire qu’il s’agirait d’un des nombreux groupes fascistes en France. Le vieux continent est victime depuis près de vingt ans d’une montée du fascisme, avec l’apparition ou la résurgence de nombreux groupes tel que la Ligue du Midi dans le sud, l’Action Française, le Bloc Identitaire, etc. Ce n’est pas le premier affrontement entre fascistes et étudiant.es ou immigrant.es et malheureusement probablement pas le dernier.

Les tensions sont fortes alors que la France est toujours en État d’urgence et que des attentats terroristes sont commis de manière ponctuelle à travers la France. À quelques jours des événements de Montpellier, un terroriste se disant rattaché au groupe État Islamique a fait quatre morts près de Carcassonne et deux étudiantes ont été assassinés à la gare de Marseille l’automne passé.

[1]Le « Plan Étudiants » est une réforme des universités faisant l’objet de contestation, dont sur la création de frais de scolarité dans les universités publiques (entre 60 et 150 euro en fonction du diplôme), la fin d’un processus d’égalité des chances dans l’acceptation aux universités et un durcissement de la sélection pour accéder aux universités.

Pour plus d’informations et témoignages vidéos :

https://www.francetvinfo.fr/france/occitanie/herault/montpellier/etudiants-tabasses-a-la-fac-de-montpellier-la-polemique-resumee-en-quatre-actes_2672358.html