//Le municipalisme : avoir le pouvoir de nos villes

Le municipalisme : avoir le pouvoir de nos villes

Le 21 mars dernier s’est tenue une conférence à l’Érudit Café ayant pour titre « Le municipalisme en région : vers une nouvelle démocratie territoriale » organisée par le Groupe de recherche et d’intervention régionales (GRIR). Celle-ci avait pour invités Jonathan Durand Folco, professeur en philosophie à l’Université Saint-Paul et auteur du livre À nous la ville ainsi que Julie Dufour, conseillère municipale dans la ville de Saguenay. Cette conférence aura été l’occasion d’ouvrir une discussion sur la question du municipalisme en région. Est-ce que le municipalisme est possible au Québec, mais surtout, qu’est-ce que cela apporte aux citoyens?

Par Jessica Normandin

Jonathan Durand Folco. Photo: Courtoisie
Qu’est-ce que le municipalisme?

Le municipalisme est un mouvement politique qui encourage les citoyens à être plus proches des décisions prises par leur municipalité. Le but de tout cela est de redonner un maximum de pouvoir aux citoyens, afin qu’ils puissent eux-mêmes être des acteurs importants des changements qui les concernent. Avec le municipalisme, on vise également une décentralisation du pouvoir.

Bien que peu présent au Québec, ce mouvement prend de plus en plus d’importance en Europe et aux États-Unis. D’ailleurs, le professeur a cité en exemple lors de la conférence San Francisco et Chicago, qui se sont fermement opposés à des décrets du président Trump et ont même proposé des solutions alternatives. Il nous apprend par ailleurs que du côté de l’Europe, il y a les autorités de la ville de Bruxelles qui ont accepté d’accueillir des réfugiés malgré l’interdiction du gouvernement.

Embûches au succès

Également, Jonathan Durand Folco a expliqué divers éléments qui peuvent semer des embûches au municipalisme.

La première barrière rencontrée serait le fait que les villes ne possèdent pas tous les droits. Bien que le projet de loi 122 (qui vise à reconnaître que les municipalités sont des gouvernements de proximité, augmentant ainsi leur autonomie et leurs pouvoirs) soit désormais en vigueur, certains aspects politiques ne relèvent pas du municipal. Ici, nous pensons notamment à l’éducation, à la santé ou à l’armée. Selon Jonathan Durand Folco, les villes auraient tout intérêt à se tenir debout, voire former un réseau entre les différentes villes, une « coalition de ville rebelle ».

Le professeur souligne également le fait que les villes sont dépendantes des taxes foncières lorsqu’il y a des coupures. Par ailleurs L’un des plus gros obstacles reste la participation des citoyens. Pour qu’une ville puisse s’autogérer, l’implication citoyenne doit être mise à profit. Hélas, lors des conseils de villes, on ne retrouve que très peu de citoyens; ce sont toujours les quelques mêmes personnes qui y assistent.  Pourtant, comme le souligne le professeur, participer à la gestion de la ville accroît grandement le sentiment d’appartenance que l’on a pour celle-ci, ce qui rend le municipalisme grandement bénéfique pour le citoyen.

Selon le conférencier, ce mouvement pourrait être possible au Québec si les villes mettent en place des budgets participatifs, comme l’a déjà expérimenté la ville de Saint-Basile-le-Grand. De plus, certaines municipalités comme Saint-Camille cogèrent leur ville en collaborant avec leurs citoyens.