//G7: Haute sécurité

G7: Haute sécurité

En ce mois de mai, le Cercle de presse du Saguenay a reçu plusieurs intervenants liés au sommet mondial du G7 qui se tiendra en juin dans Charlevoix. Le 2 mai, le Cercle recevait trois représentants de la sécurité du G7 dont  Alexandra Young, directrice des communications au Bureau des gestions des Sommets-Affaires mondiales Canada, Camille Habel, sergent au bureau des communications à la GRC ainsi que Denis Gilbert, porte-parole de la sécurité publique de Saguenay. Cette rencontre fut l’occasion de discuter des mesures de sécurité qui seront prises lors de l’évènement. Puis le 16 mai, c’était au tour du Colonel William Radiff, commandant de la base de Bagotvile, de répondre aux questions des journalistes.

Par Jessica Normandin

Photo: Facebook / Justin Trudeau

Le G7 étant un évènement de grande envergure, la Gendarmerie royale du Canada (GRC), la Sûreté du Québec (SQ), les Forces armées canadienne, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) ainsi que la Sécurité publique de Saguenay (SSPS) travaillent de pair afin que le tout se déroule sans encombre.

 « On planifie pour le pire » affirmait Alexandra Young. C’est dans cette optique que plusieurs scénarios  ont été imaginés et analysés. Afin d’éviter au maximum les débordements ou une attaque terroriste, un plan d’action a été mis en place pour plusieurs types d’imprévus et ce, que ce soit en mer, sur terre ou dans les airs. « En présence de sept dirigeants de divers pays, il y a toujours un plan A, B, C ou D. On espère que la plan A sera appliqué, mais l’imprévu fait partie de notre quotidien » souligne Alexandra Young.

D’ailleurs, de nouveaux moyens d’attaques retiennent particulièrement l’attention de l’organisation de la sécurité, dont les drones qui, à cause de leur rapidité et de leur petite taille, sont difficilement repérables, ainsi que les véhicules béliers.

Le rôle de la base militaire

Tous les militaires associés à la base de Bagotville seront en service lors du G7. Le commandant de la base, le colonel William Radiff, explique que sa responsabilité est surtout d’accueillir les avions des dignitaires. « Les avions vont décoller et atterrir à la base de Bagotville. C’est presque la seule chose dont la base est responsable. C’est vraiment le bureau des Sommets et la GRC qui s’occupent du Sommet. Ça ne changera rien pour les citoyens de Saguenay » affirme-t-il. Bien sûr, les CF-18 de Bagotville feront partie de la couverture aérienne de la zone faisant l’objet d’une interdiction, qui s’étend de Québec au Saguenay en passant par Charlevoix. Mais le colonel Radiff considère que ces activités s’insèrent dans le quotidien de la mission de défense de l’Amérique du Nord (NORAD).

Par ailleurs, il affirme ne pas savoir combien de personnes, ni même si les chefs d’état eux-mêmes atterriront à Bagotville. « Les chefs d’État peuvent décider à tout moment d’atterrir ailleurs. Je ne vais savoir l’information que lorsqu’ils décolleront. » Il mentionne également  qu’une participation des américains n’est pas impossible : « Nous sommes à côté des États-Unis, qui ont des avions qui peuvent faire la tâche de radar aéroporté. »

Accès limité à la base

Du côté de la sûreté du Québec, les 250 policiers seront en service 24h sur 24 lors du Sommet et seront responsables de l’accès à la base militaire de Bagotville. L’accès à la base sera limité aux personnes ayant besoin de se rendre dans la zone et détenant une accréditation comme les travailleurs, les fournisseurs, les résidents des maisons à proximité ou les voyageurs qui prennent l’avion à l’aérogare de Bagotville. Malgré tout, la circulation devrait être plutôt fluide sur l’autoroute. « L’autoroute aide grandement le travail des policiers. Il y aura des panneaux à message variable. Les gens qui ont à circuler entre La Baie et Chicoutimi ou Jonquière ne verront pas d’impact nécessairement très grand » Confirme Denis Gilbert.

La zone rouge, soit le Manoir Richelieu où se tiendra le Sommet ainsi que son terrain de golf, ne sera également ouverte qu’aux personnes détenant une accréditation. Afin de limiter l’accès à cette zone, une clôture de sécurité d’environs trois mètre de haut a été installée dans la paisible localité de La Malbaie.

En ce qui concerne les manifestants, un endroit sécurisé sera à leur disposition au coin de la route 170 et le chemin des aviateurs afin de respecter (tout en délimitant…) leur droit à la libre expression.

« La GRC en est à son cinquième Sommet du G7 (G8). Les évènements d’envergure font partie de nos fonctions. À chaque évènement majeur, on acquiert une expérience de plus. On apprend et on s’améliore pour s’assurer que les prochains se déroulent très bien » assure Mme Habel.