//Une nouvelle Chaire UNESCO à l’UQAC

Une nouvelle Chaire UNESCO à l’UQAC

L’UQAC accueille une nouvelle chaire de recherche parrainée par l’UNESCO. La Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment, qui rassemble de nombreux partenaires notamment chez les Premières nations, tablera sur l’expertise développée à l’UQAC au cours des dernières années.

Par Stéphane Boivin

La Wendate Joanie Picard a dansé lors du lancement de la chaire. Photo: François-Mathieu Hotte / La Boîte Rouge vif

Des 700 chaires que parraine l’UNESCO à travers le monde, seulement six sont vouées aux Premiers peuples. La chaire UNESCO lancée ce matin est la première au Canada à s’intéresser aux réalités autochtones et à être chapeautée par une gouvernance d’experts autochtones.

La professeure-chercheuse Élisabeth Kaine, huronne-wendate enseignant à l’UQAC depuis 1990, a développé d’innombrables projets mettant en œuvre des méthodologies participatives reconnaissant les membres des Premières nations comme des experts au même titre que les universitaires. Son approche a été soulignée en 2014 par l’attribution du Prix du Gouverneur général du Canada. Elle devient aujourd’hui cotitulaire de cette chaire en compagnie de la professeure et artiste Constanza Camelo-Suarez.

Cette expertise, soutenue autrefois au cœur du projet Design et culture matérielle, a également été la ligne directrice de la Boîte rouge vif, OBNL de transmission culturelle fondé en 1997. C’est forte de cette expérience originale du terrain qu’Élisabeth Kaine a été invitée à déposer le projet de cette nouvelle chaire.

Charles-Édouard Verreault, du Conseil de bande de Masteuiatsh, s’adresse au public en Innu sous l’oeil attentif de la rectrice Nicole Bouchard, d’Élisabeth Kaine, de Constanza Camelo-Suarez et de Sébastien Goupil de l’UNESCO. Photo: François-Mathieu Hotte / La Boïtre Rouge vif

La nouvelle chaire de l’UQAC poursuivra les principes de concertation durable et de recherche collaborative qui prend ses distances avec ce que madame Kaine a appelé la « recherche hélicoptère », dans laquelle des chercheurs viendraient prendre des données dans les communautés sans donner en retour.

« La concertation exige beaucoup plus que la consultation. La consultation, je demande votre avis mais je ne suis pas obligée d’en tenir compte. C’est ce qu’on a toujours fait avec les Premières nations. Nous on veut travailler en concertation, c’est-à-dire travailler par le consensus. »

Si les valeurs et les principes soutenant la chaire sont bien définies et sans concession, le programme des recherches et projets reste à définir en compagnie des nombreux partenaires impliqués. Plus d’une dizaine de professeurs de l’UQAC, de l’Université Stendhal de Grenoble et de l’Université de Montréal composent une équipe de cochercheurs multidisciplinaire allant de l’anthropologie à la psychologie ou au travail social.

Par ailleurs, de nombreux partenaires sur le terrain, dont plusieurs communautés autochtones s’étalant sur toute l’Amérique du nord et du sud, s’impliqueront dans la chaire. C’est le cas bien sûr au Québec, mais aussi au Brésil, en Colombie ou au Pérou.

La lancement de la Chaire UNESCO en transmission culturelle chez les Premiers peuples comme dynamique de mieux-être et d’empowerment s’est effectué en présence de nombreux représentants de la classe politiques régionale, à laquelle Élisabeth Kaine a tenu à rappeler les nombreux besoins des communautés autochtones.

« Par cette chaire, nous souhaitons répondre, par nos champs de compétence, à l’appel à l’action que ces urgences exigent. »