//Arcand met le doigt sur le bobo

Arcand met le doigt sur le bobo

Plusieurs acteurs de la distribution de «La chute de l’empire américain» se sont réunis pour la première projection du  film du réalisateur Denys Arcand dans la région. Maripier Morin, Rémy Girard, Alexandre Landry et Pierre Curzi étaient notamment présents au Cinéma Odyssée lors du lancement mercredi soir.

Par Guillaume Pelletier

Alexandre Landry et Maripier Morin dans La chute de l’empire américain. Photo: Eduardo Urrutia

Qui ne s’est jamais questionné sur la place qu’il exerce dans la société ?

C’est la question que se pose Pierre-Paul Daoust (Alexandre Landry), 36 ans, tout juste avant d’échapper à un vol à main armée. S’ensuit une fusillade laissant deux gros sacs remplis d’argent à deux pas de son camion de livraison. Pris de panique, l’homme décide de prendre l’argent.

Jusque-là, le scénario ressemble au classique film américain. Mais détrompez-vous.

Le commun des mortels aurait déserté le pays avec une telle somme d’argent. Sauf que celui qui possède un doctorat en philosophie ne changera rien à sa vie. C’est à ce moment que commence une réflexion psychologique menant le personnage principal à rencontrer une escorte (Maripier Morin). Sauf que le crime organisé et la police ont bien l’intention de retrouver l’argent volé.

Ayant peur que l’on découvre le magot, le trentenaire demande conseil à Sylvain «the brain» Bigras (Rémy Girard), sortant tout juste de prison. Ce dernier lui sera fort utile dans sa quête, ayant à la fois trempé dans le crime organisé et les finances.

L’argent fait le bonheur… et le malheur

Pierre-Paul a toujours eu à cœur la cause des sans-abris, qui se multiplient à Montréal depuis quelques années.

Après le meurtre d’un important membre du crime organisé et voyant les enquêteurs surveiller leurs allées et venues, le trio composé du livreur, de l’escorte intellectuelle et du criminel «the brain» veuillent effacer toute trace de cet argent. Ils feront la rencontre du réputé fiscaliste Me Wilbrod Taschereau, campé par Pierre Curzi. L’argent circulera par de nombreux comptes bancaires étrangers  sous différents noms afin de terminer sa course en Suisse dans un paradis fiscal.

Le groupe finira par redonner petit à petit cette somme à des organismes venant en aide aux sans-abris.

Denys Arcand a réussi avec brio à scénariser au grand écran le monde dans lequel nous vivons. À toute fin pratique, une copie conforme de la société du 21e siècle : une société où l’écart entre les riches et les pauvres ne cesse de se creuser.

Une première réussit pour Maripier Morin

Maripier Morin n’a pas eu un rôle facile pour débuter sa carrière au cinéma. Campée dans  le rôle d’une escorte de luxe, cette dernière a dû interpréter de nombreuses scènes importantes du film de Denys Arcand. Sa posture et son non verbal étaient d’une efficacité remarquable pour un premier film. On peut s’attendre à ce que plusieurs réalisateurs prennent contact avec l’animatrice du jeu télévisé «Face au mur» après avoir visionné ce film.