//La Noce: Premier jour

La Noce: Premier jour

Le festival La Noce bat son plein dans l’arrondissement Chicoutimi. Nous vous livrons nos impression du jour 1.

Par Stéphane Boivin et Guillaume Pelletier

Très attendu, Hubert Lenoir est monté sur scène vers 20 heures. Photo: CEUC / Guillaume Pelletier

On a vu La Pulperie dans de nombreux contextes, mais on l’a rarement vue aussi bien habitée et utilisée qu’en cette première soirée. Pour son ouverture, La Noce se concentrait sur l’ancien site industriel, où plusieurs espaces étaient mis à profit selon les ambiances musicales. Si les conditions acoustiques ne sont pas toujours idéales, la qualité des artistes et la beauté des lieux compensent. (SB)

La « courbe » de la programmation de la soirée d’ouverture était parfaite. On a connu un début en douceur, sous une chaleur écrasante, avec le quatuor jazz d’Olivier Coudé. S’en est suivie une douce prestation du duo Saratoga, au cœur du Jardin des vestiges. Les tour de chant intime a été écourtée alors que Philippe Brach, accompagné du maître de cérémonie de la soirée Serge Brideau (Les Hôtesses d’Hilaire) sont venus célébrer le mariage surprise des deux douces moitiés de Saratoga. Un moment purement « la Noce », où la musique, un étrange humour (Brideau en robe qui chante du Vincent Vallières) et un public bienveillant se retrouvent. (SB)

L’auteure-compositrice-interprète aux racines cries, métisses et irlandaises Iskwé nous attendait pour poursuivre la soirée. Elle a démontré toute la souplesse de sa voix aux quelques deux cents spectateurs réunis à ce moment sur le site du festival. L’interprétation de Nobody Knows, une chanson dédiée aux femmes autochtones disparues, lui a d’ailleurs valu de chauds applaudissements. Comme pour la plupart des chansons de son plus récent album The Fight Within, nominé aux derniers prix Juno dans la catégorie album aborigène de l’année, les paroles de Nobody Knows portent sur les enjeux qui affectent les Premières Nations. Originaire de Winnipeg au Manitoba, encore peu connue au Québec, Iskwé faisait partie des festivités entourant la fête du Canada le 1er juillet dernier sur la colline Parlementaire à Ottawa. (GP)

Le public afflue alors qu’approche l’arrivée sur scène d’Hubert Lenoir. Un public plutôt jeune, mais diversifié, qui attend sa nouvelle idole. Parce que c’est bien ce qu’est devenu, en quelques mois, Hubert Lenoir. En connaissez vous beaucoup qui, peu de temps après avoir lancé un premier album, peuvent se permettre de commencer un spectacle en laissant chanter le public? Une présence magnétique, un set bien pensé qui se promène entre le pop sophistiqué et le rock assumé… mais surtout des centaines de regards avides qui l’aiment et ont besoin de lui. C’est rare et beau. « Si j’ai bien compris, la pluie on s’en crisse? » a lancé Lenoir devant la première averse de la soirée. La suite allait lui donner raison…(SB)

On peut dire que les organisateurs de La Noce ont réussi en grand cette ouverture, notamment avec la présence d’Hubert Lenoir. Malgré les averses, le jeune auteur-compositeur-interprète s’est présenté sur scène avec sa fougue habituelle. Interprétant son plus grand succès, Fille de personne II, l’artiste originaire de Beauport a rapidement fait lever la fête. Il a tenu à remercier la foule d’être présente malgré la pluie. Les spectateurs ont pu entendre certains morceaux tirés de son album Darlène. J.-C., Si on s’y mettait et Recommencer ont résonné sur le site patrimonial. Hubert Lenoir a tenu à lancer un message d’espoir avant de conclure le spectacle. «Avant de vous quitter […], j’aimerais dire aux jeunes de ne pas se laisser atteindre par des principes et des concepts de “marde” établis par les générations au-dessus de nous.» (GP)

Tout le monde retourne à l’intérieur pour une torride prestation de We are wolves. Fidèle à son habitude, le trio rock électro a fait capoter la foule avec ses hymnes énergiques. Malheureusement, la grande salle de la Pulperie ne rendait pas justice au son du groupe. Ce qui ne l’a pas empêché de brûler la place, à tel point qu’un synthétiseur a rendu l’âme. (SB)

Conclusion magique à une soirée parfaite, Plants and animals a pris la scène extérieure devant les festivaliers les plus courageux, assaillis par de fortes averses. Il semblait aller de soi que la formation interprète plusieurs chansons évoquant la pluie, entre deux envolées néo-romantiques. Le jeu inusité du guitariste Nicolas Basque, le public qui se resserrait sous la pluie, cette musique nocturne… Un mariage si bien concocté qu’on a surtout hâte d’y retourner. Ça se poursuivait un peu partout en ville mais on est allés faire sécher nos sous-vêtements. La Noce reprend de plus belle dès 16h sur la zone portuaire. (SB)