//La Noce: Deuxième jour

La Noce: Deuxième jour

Le festival La Noce bat son plein dans l’arrondissement Chicoutimi. Nous vous livrons nos impression du jour 2, vendredi.

Par Stéphane Boivin et Guillaume Pelletier

Le rappeur Loud était le clou de la soirée, et c’était bien mérité. Photo: CEUC / Stéphane Boivin

Cette deuxième journée nous a appris que Mère Nature est dyslexique : de 41 degrés jeudi, nous sommes passés à 14 degrés vendredi. Ça, et le bref retour de la pluie, a évidemment un peu ralenti le début de cette deuxième journée. Mais c’était bien vite oublié autour de 18h, quand le public est arrivé en masse. (SB)

Le vendredi de la Noce a débuté avec le groupe Le Cerf-Malade. Le quatuor rock fuzzé jonquiérois a fait vibrer la foule qui commençait à affluer tranquillement vers la Zone portuaire en vue d’une autre soirée survoltée. (GP)

Puis c’était au tour de la formation Hip-Hop Jazz Sax Machine. Le rappeur Racecar a interagi de main de maître avec la foule avant de mettre le feu à la scène. Accompagné du saxophoniste Guillaume Sené et du tromboniste Pierre Dandin, l’homme originaire de Chicago s’est permis quelques mouvements déhanchés. Celui qui a collaboré avec le rappeur Speech, du groupe Arrested Development a chaleureusement remercier la foule présente avant de quitter pour le Festival d’été de Québec. (GP)

Contexte difficile pour Chassepareil, la formation folk saguenéenne. Sur l’énorme scène principale, à travers un crachin désagréable, le groupe a néanmoins fait résonner flûte et douceur dans le centre ville de Chicoutimi. (SB)

À travers ce déluge de musique, le Théâtre à bout portant a mis à l’épreuve du public sa toute nouvelle création Sorties de secours. Franc succès, à entendre les rires francs des petits et des grands. Il sera possible de les voir un peu partout dans la région cette année. (SB)

Les Attikameks de Young Feathers Singers ont ensuite fait sortir le soleil avec une performance surprise (et confidentielle) sur la bretelle du Pont Dubuc. Malheureusement, bien peu de spectateurs présents sur la Zone portuaire ont compris à qui était dû ce soleil inattendu. (SB)

Visiblement heureux d’être de passage au Saguenay, le duo belge Rive a livré sa dernière prestation en terre d’Amérique avant de retourner en Europe. Un must pour les amateurs de ces chansons  planantes et romantiques. (SB)

Puis c’était le tour de Random Recipe de prendre la scène. La formation montréalaise a comblé le public qui s’était massé devant la grande scène Ubisoft-Le Quotidien pour l’occasion. On pouvait sentir la complicité qui unissait Frannie Holder et Fab, les voix derrière ce groupe hip-hop qui a célébré ses dix ans avec la sortie d’un troisième album, Distractions. Complicité s’étant développée en 2005 alors qu’elles étudiaient en science politique à l’Université McGill. Les quelque 500 festivaliers présents ont d’ailleurs eu droit à plusieurs morceaux provenant de cet album. (GP)

Reprenant son souffle entre deux prestations endiablées, Frannie Holder a tenu à remercier les organisateurs de la Noce, qui font œuvre d’initiative alors que l’État se désengage de la culture. Petite touche locale également lorsqu’Holder a évoqué avec amusement une journaliste saguenéenne qui aurait déformé le titre Hey Boy pour Hep Boy. (GP)

On n’étaient pas les seuls à avoir hâte de voir et d’entendre Lydia Képinski. Si la prestation a été solide et l’univers (ambitieux) de la gagnante des Francouvertes de 2017 fut fidèlement reproduit, on a pu constater que la talentueuse Képinski navigue sur une mince ligne entre nonchalance et laisser-aller qui ne la sert pas toujours bien et qui a pu créer quelques malaises entre elle et le public. (SB)

Lydia Képinski a néanmoins eu du fun, tout comme nous. Photo: CEUC / Stéphane Boivin

Le site s’anime encore davantage alors qu’un public plus jeune et plus urbain s’amène pour une soirée qui s’annonce sous le signe du hip-hop. Les gars d’Alaclair Ensemble on livré une prestation qui nous a semblé inégale, elle aussi parsemée de quelques malaises (Claude Bégin qui se lance dans une interprétation de Notre-Dame-de-Paris). On s’est tannés de les voir gesticuler, alors on est allés attendre sagement les « légendes » WD-40. (SB)

Oh que les guitares et l’énergie rock de WD-40 ont fait du bien à votre humble serviteur / dinosaure après la prestation d’Alaclair Ensemble, qui lui avait parue deux fois plus longue que toutes les autres. Les vieux routards ont offert un set énergique, sans fioritures, qui a ravi un petit groupe de rockers assoiffés par 45 minutes de rap bas-canadien. Le clash entre les genres et les publics n’avait pas encore été aussi évident depuis le début de cette Noce. (SB)

Tout était prêt pour l’artiste de la soirée, et de l’année, le rappeur montréalais Loud. La quantité de spectateurs a atteint un sommet pour celui qui s’accapare la scène à lui tout seul dès les premières mesures. Le contraste avec Alaclair est évident : qualité des textes, sobriété efficace de la présence scénique et communion avec le public, qui s’est régalé. Une superbe fin de soirée sur le site de la Zone portuaire. (SB)

Encore une fois la fête s’est poursuivie un peu partout en ville, avec Joël Martel, un jam fusion du côté du CEM, John Liver au Cavô et un DJ set au Bar à Pitons. On est prêts pour cette ultime journée, où l’on doit d’ailleurs courir au moment d’écrire ces lignes. (SB)