//Redevance sur l’eau : l’organisme de bassin versant du Saguenay réagit

Redevance sur l’eau : l’organisme de bassin versant du Saguenay réagit

Les sommes déboursées par les entreprises en redevances sur l’eau sont nettement insuffisantes pour maintenir la protection, la restauration et la mise en valeur de l’eau et des bassins versants de la province.

Par Guillaume Pelletier

En 2010, le gouvernement québécois espérait récupérer 8,8 M$ en redevance aux industriels à partir de 2014.

Radio-Canada a révélé la semaine dernière que le gouvernement du Québec a reçu un total de 146 000$ en redevances de la part de neuf entreprises d’embouteillage d’eau pour les 2 milliards de litre d’eau qu’elles ont puisée sur le territoire québécois en 2017.

Pour le directeur général de l’organisme de bassin versant du Saguenay, Marco Bondu, ce taux de redevance devrait avoir été revu depuis fort longtemps. Celui qui siège sur le comité consultatif du bassin du lac Kénogami et des rivières Chicoutimi et Aux Sables pour l’organisme OBV Saguenay ne comprend pas pourquoi le gouvernement doit prendre de l’argent d’un autre portefeuille budgétaire pour financer des projets visant la protection des bassins versants.

L’organisme sans but lucratif siège sur des tables de concertations régionales avec une cinquantaine d’organismes locaux et discute de problèmes actuels et de possibles solutions envisageables. Au final, le groupe présente au gouvernement un plan d’action visant la protection des bassins versants.

Investir sans savoir d’où provient l’argent

D’où provient l’argent du financement de projets sélectionnés par le gouvernement provincial ? Même M. Bondu l’ignore, mais ce qui est sûr selon lui,  c’est que ces sommes ne proviennent pas des 146 000$ payés en redevance par les neuf compagnies d’embouteillage d’eau en 2017.

«Les redevances perçues pour l’utilisation de l’eau par les entreprises sont tellement minimes, ça ne peut pas couvrir les dépenses reliées à la protection et la mise en valeur de cette ressource.»

Celui qui se bat depuis de nombreuses années sur la question affirme que le gouvernement se doit de revoir sa réglementation sur la redevance exigible pour l’utilisation de l’eau. « Une entreprise qui prélève et utilise une richesse (l’eau) sur un territoire à des fins industrielles devrait se voir exiger une plus grande redevance.»

En retour, le gouvernement n’aurait plus l’obligation d’aller piger dans un autre portefeuille budgétaire pour financer des projets reliés à la protection de cette ressource.

Le porte-parole du Parti Québécois en matière d’Environnement, Sylvain Gaudreault, a déclaré plus tôt cette semaine en entrevue à Y’a des matins que sept fois plus de redevances sont versées au gouvernement ontarien par les entreprises comparativement au Québec.

Actuellement, la clientèle prélevant l’eau directement de la ressource doit débourser 70$ pour chaque million de litres d’eau prélevé.

La clientèle qui utilise l’eau à partir d’un système de distribution d’eau doit payer 2,50$ pour chaque million de litres d’eau prélevé.