//Embourgeoisement du centre-ville de Chicoutimi : mythe ou réalité ?

Embourgeoisement du centre-ville de Chicoutimi : mythe ou réalité ?

La création de la Place du citoyen sur la rue Racine a eu un impact sur les commerces du centre-ville de Chicoutimi. Avant même son inauguration, le promoteur Robin Thibault annonçait la construction d’un nouvel édifice commercial de six étages non loin de la Place du citoyen, sur la rue de L’Hôtel-de-Ville. L’ex-maire Jean Tremblay parlait déjà de revitalisation dans le centre-ville de Chicoutimi.

Par Guillaume Pelletier

Aperçu de l’édition express du journal Cause Commune d’avril 2018-Crédit photo: capture d’écran Blogue du Collectif Emma Goldman.

Certains résidents et organismes ont alors commencé à soulever le terme «embourgeoisement» pour définir tous ses changements au cœur du centre-ville. C’est notamment le cas du collectif anarchiste Emma Goldman au Saguenay qui en a fait l’édition express du journal Cause Commune d’avril dernier. Produit à l’occasion du début de la nouvelle campagne contre la gentrification, on pouvait lire à la une du journal: «Ils veulent notre quartier et notre peau… Résistance populaire !»

Distinguer l’embourgeoisement

L’embourgeoisement est une transformation socio-économique d’un quartier urbain ancien engendrée par l’arrivée progressive d’une nouvelle classe de résidents qui en restaure le milieu physique et en rehausse le niveau de vie (Office québécoise de la langue française, 2004).

La coordonnatrice au Centre de recherche sur le développement territorial (CRDT), Isabel Brochu, explique qu’il y a plusieurs facteurs à prendre en considération pour déterminer si un secteur est en embourgeoisement. L’augmentation soudaine du coût des loyers, l’arrivée de nombreux commerces luxueux et la diminution du nombre de loyers dans un quartier sont quelques indices pouvant mener à la gentrification. Celle qui est également chroniqueuse pour Le Quotidien ne peut s’avancer sur le sujet, mais elle doute que le centre-ville de Chicoutimi soit victime de ce phénomène.

Entre 2009 et 2016, le loyer moyen d’un appartement de deux chambres dans la région du Saguenay est passé de 518$ à 587$. On note une hausse (535$ à 557$) de 22$ du prix moyen du loyer entre 2010 et 2011. Entre 2013 et 2014, on distingue une hausse (571$ à 595$) de 24$ du prix du loyer dans la région. (Enquête sur les logements locatifs. Société canadienne d’hypothèques et de logement, mars 2017)

Le collectif Emma Goldman au Saguenay n’avait pas retourné notre demande d’entrevue au moment de la publication de l’article.