//Université TÉLUQ: le directeur général suspendu

Université TÉLUQ: le directeur général suspendu

À la suite de sérieuses anomalies dans la gestion de contrats à l’Université d’enseignement à distance (TÉLUQ), la ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David, a temporairement démis de ses fonctions son directeur général, Martin Noël.

Par Guillaume Pelletier

La TÉLUQ, qui fait partie du réseau de l’Université du Québec, a le mandat d’offrir des cours à distance depuis 46 ans. Crédit photo-Page Facebook de la TÉLUQ.

Le syndicat des tuteurs de la TÉLUQ dénonçait le contrat octroyé par l’Université à l’institut MATCI de Montréal. En offrant l’encadrement de certains cours à cette entreprise privée, l’Université a commis trois infractions aux lois québécoises : les contrats des organismes publics, l’aide financière aux études et la loi sur les établissements d’enseignement de niveau universitaire.

Depuis l’automne 2016, ce sont 20% des tuteurs de l’Université TÉLUQ qui ont perdu leur emploi à la suite du contrat TÉLUQ-MATCI.

Tutrice depuis 1989, Marie-France Cyr a affirmée au journal Le Soleil avoir perdu 75% de son salaire lorsque TÉLUQ a supprimé son tutorat en communication et en relation publiques auprès d’étudiants pour le donner à des professeurs contractuels et à des sous-traitants de la firme MATCI.

Le conseil d’administration de la  TÉLUQ a adopté le 30 juillet dernier une résolution nommant André G. Roy directeur exécutif à la TÉLUQ. L’Assemblée des gouverneurs de l’Université du Québec a par la suite entériné la nomination de M. Roy à titre directeur général par intérim lors d’une réunion le 1er août.

Ce dernier occupe depuis 2009 le poste de secrétaire général de l’Université du Québec

La plateforme eCampus Québec épargnée

Le directeur général de l’Université TELUQ était au cœur des discussions en vue de la création de la plateforme eCampus Québec. Au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, on mentionne que «la suspension de M. Noël ne retardera pas la mise en service de ce projet d’envergure». L’attachée de presse de la ministre Hélène David affirme par ailleurs que le directeur général de la TELUQ était «l’un des nombreux acteurs de ce grand projet».

M. Noël espérait que le gouvernement québécois déploie sa plateforme de cours en ligne en 2019 afin d’éviter de perdre des étudiants ici et à l’international.

Lors d’un entretien avec Le Soleil en janvier dernier, celui qui est temporairement suspendu de son poste de directeur général de l’Université TÉLUQ souhaitait jouer un rôle dans le futur eCampus tout en croyant en la collaboration de l’ensemble du réseau universitaire québécois. «Il faut qu’il y ait un équilibre entre les universités, pour ne pas qu’il y en ait une qui prenne toute la place.»

Depuis 2002, la Colombie-Britannique, le Manitoba et l’Ontario ont tour à tour créé des campus virtuels nationaux.

eCampus Québec est un projet qui permettra de stimuler le développement de compétences numériques chez les étudiants en regroupant les cours en ligne de toutes les universités sous un même portail.