//Nouveau bac en communication: l’esprit critique au cœur de la formation

Nouveau bac en communication: l’esprit critique au cœur de la formation

Après plusieurs années d’attente, le programme de baccalauréat en communication interculturelle et médiatique accueillera sa première cohorte d’étudiants cet automne.

Par Guillaume Pelletier

Axé sur des approches critiques en sciences humaines et sociales, ce programme permettra aux étudiants de prendre conscience que la communication est un élément de base de l’ensemble des activités humaines. Crédit photo- Elliot Teo, Unsplash.

Le professeur Jorge Frozzini est celui qui a travaillé à mettre sur pied ce programme. Embauché en 2012 par l’Université du Québec à Chicoutimi, il a eu la lourde tâche de donner une orientation à ce nouveau bac. Pour y arriver, il a passé de nombreuses semaines à analyser l’ensemble des cours qui sont offerts au premier cycle en communication à travers le Canada ainsi qu’à l’international.

Monsieur Frozzini voulait orienter un cursus sans concurrencer les formations qui se donnent dans d’autres institutions d’enseignement. En incluant des données sociales et économiques lors de sa recherche, il a noté deux tendances marquées : une immigration qui se diversifie et qui grandit et celui de l’absence d’une réflexion autour de l’ensemble des nouvelles technologies et des médias.

«La présence et l’accélération de l’immigration et l’avancement problématique des nouvelles technologies amènent à réfléchir sur des questions plus poussées. Questions qui amèneront l’étudiant à développer son esprit critique afin d’analyser ces phénomènes sociaux d’une perspective communicationnelle », mentionne celui qui est également membre associé du Groupe d’études et de recherche axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII).

«À l’heure actuelle, on veut préparer les étudiants à devoir gérer convenablement les problèmes reliés à la communication interculturelle et ce, peu importe l’endroit (au niveau de l’emploi, institution scolaire, etc.) Ce n’est pas seulement en Amérique du Nord et en Europe que l’on constate une augmentation de l’immigration, c’est partout sur terre.  Cet enjeu est directement relié à la communication interculturelle, mais est pratiquement absent de la formation au bac».

L’esprit critique souvent négligé

Le professeur au Département des arts et lettres à l’UQAC constate que l’aspect critique est de plus en plus demandé par les employeurs. «Plusieurs employés au sein d’entreprises de communication ont des connaissances techniques incroyables. Cependant, essayez de trouver des employés ayant la formation afin de développer une pensée plus critique leur permettant d’analyser les mécanismes sociaux reliés à l’utilisation de médias émergents par une entreprise […]. Les étudiants auront acquis (à la fin du programme) le bagage nécessaire pour bien faire comprendre à une entreprise les impacts de l’utilisation de nouveaux médias à moyen et long terme sur la population. Actuellement, c’est ce type de personne qui manque dans notre société.»

M. Frozzini mentionne que plusieurs connaissances seront partagées entre les deux branches du programme (médias émergents et communication interculturelle). Il y aura toutefois des cours davantage axé selon la spécialisation.

 

76 demandes d’admission

En date du 1er août 2018, c’est le nombre de demandes d’admission qu’avait reçues le Département en enseignement linguistique et en langues modernes pour la session d’automne 2018. De ce nombre, on indique avoir reçu 18 inscriptions. Une quarantaine de demandes proviennent d’étudiants de la région du Saguenay Lac-Saint-Jean alors que sept demandes d’admission proviennent d’ailleurs au pays.  Le département dénombre également une trentaine de demandes d’étudiants provenant de l’international, principalement de pays d’Afrique, dont 8 ivoiriens.

Impact à l’intérieur même de l’UQAC

Deux professeurs ont été engagés afin d’enseigner à la cohorte cet automne. Un troisième intégrera l’équipe en décembre et un quatrième l’année prochaine.

Pour M. Frozzini, la création d’un nouveau bac dans une institution d’enseignement amène des opportunités aux étudiants et professeurs du programme.

Celui qui y travaille depuis 2012 mentionne avoir été approché pour discuter de la création d’une association étudiante pour ce cursus.

Selon ses dires, une collaboration devrait naître entre les étudiants du baccalauréat et la radio étudiante. Des partenariats s’établiront graduellement avec d’autres institutions d’enseignement et de recherche.

Les finissants pourront travailler au sein de grandes entreprises publiques et privées, dans des firmes de relations publiques ou à titre de consultant. Également, les connaissances acquises leur permettront d’œuvrer auprès d’organismes communautaires et d’organismes internationaux.

D’une durée de 3 ans, ce bac sera davantage orienté vers la théorie plutôt que sur les aspects pratiques de la communication.