//Louis T. veut corrompre la jeunesse

Louis T. veut corrompre la jeunesse

En rodage pour son deuxième spectacle, l’humoriste Louis T. entame une tournée de dix universités québécoises. Il sera de passage à l’UQAC le 15 novembre prochain pour un événement présenté en exclusivité à la communauté universitaire.

Par Stéphane Boivin

D’après l’humoriste originaire de Jonquière, une pareille tournée fait rêver plusieurs de ses collègues. Chez nos voisins du sud, c’est une pratique fréquente pour les stand-up comedians d’aller à la rencontre d’un public étudiant. Un public qu’il décrit comme informé, ricaneur et ouvert d’esprit.

« Je vais aller m’amuser et tester des affaires avec un public que j’espère généreux et qui va me permettre d’aller loin dans mes idées, peut-être même plus loin que dans le spectacle, parce que je sais que je vais parler à des gens informés et curieux. […] Ce sont souvent des sujets qui les intéressent, sur lesquels ils ont déjà lu, ou qui les habitent. Je peux me rendre plus loin dans l’humour, dans la réflexion. Les gens sont consentants et comprennent souvent mieux le deuxième degré quand ils sont déjà informés. Je vais aller assez loin dans mes idées, mais ça se peut que pour la tournée grand public, j’aie besoin de revenir un peu en arrière! »

Louis T. souhaite être à l’écoute du public lors de cette tournée universitaire : « C’est un public un peu plus jeune que moi. Ça se peut que leurs idées soient plus avancées que les miennes. On va avoir un échange intéressant, je pense, et j’apprendrai, au pire! »

Louis T. et ses sujets

Connu pour ses interventions au cœur des débats sociaux, Louis T. prévoit aborder dans ce nouveau spectacle plusieurs sujets qui ne sont pas amusants d’emblée. L’humoriste ne prétend pas que l’humour se doit d’être engagé, mais il croit pour sa part qu’il a un rôle à jouer dans les débats de société.

« En ce moment j’ai les pires thèmes… En fait je n’ai pas envie de dire ce dont je vais parler parce que personne ne va venir! Toutes les choses dont j’ai envie de parler sont les choses les moins drôles dans la société. C’est sûr que les signes religieux, le racisme, le nationalisme… même les réseaux sociaux… toutes les affaires qui nous font un peu chier en ce moment, bin c’est de ça dont je parle dans mon spectacle. Mais j’essaie de rendre ça intéressant et divertissant, parce que je sens que ce sont des sujets qui polarisent la société. Je pense que j’arrive à faire un point intéressant. »

En tant que citoyen et comme humoriste, Louis T. assume et embrasse la dimension engagée de son discours. Il s’impose une réflexion et une recherche avant de s’exprimer sur les tribunes à sa disposition, dont ses capsules hebdomadaires Vérités ou conséquences, réalisées en collaboration avec Urbania et Tou.tv. « J’essaie de faire un travail en recul, de parler le moins possible à travers mon chapeau, mais ça m’arrive encore! […] On est chanceux nous les humoristes, et les journalistes doivent nous envier en ce moment, d’avoir notre liberté d’expression et notre liberté créative. […] J’ai le luxe de ne pas avoir d’employeur, de pouvoir décider de ce dont je vais parler, et j’en profite beaucoup. »

Notre entrevue avec Louis T.

Un retour à l’UQAC

Peu de gens savent que Louis T. est originaire de la région. Encore moins savent qu’il fut étudiant à l’UQAC il y a déjà quelques années. Un passage peu remarqué aux dires du principal intéressé, qui n’a pas terminé son parcours en administration. « Je ne suis pas retourné à l’UQAC depuis treize ans. […] Je n’y suis pas allé souvent, même si j’y ai étudié trois ans… Tout de suite après cet échec à l’UQAC je me suis dit qu’il fallait un changement dans ma vie! Donc à vingt-et-un ans j’ai déménagé à Montréal pour aller à l’École de l’humour », explique celui qui entretient encore de nombreux liens avec la région. « Le 15 novembre, je vais coucher chez ma mère, je ne vais pas à l’hôtel! »

Les membres de la communauté universitaire peuvent se procurer des billets en ligne pour le spectacle de Louis T. à l’UQAC, au coût de 10 $ frais compris, en visitant la page Facebook de l’événement.