//UQAC: Austérité à rebours

UQAC: Austérité à rebours

La direction de l’Université du Québec à Chicoutimi a fait savoir le 27 novembre que son budget était amputé de 4,2 millions de dollars. Cette coupure est une conséquence de la révision du financement des universités annoncée par le parti libéral au printemps dernier. Le détail des conséquences n’aurait été communiqué à la direction de l’UQAC que le 20 novembre dernier.

Déjà effectives, ces coupures concernent les enveloppes spécifiquement destinées aux universités régionales afin de répondre aux besoins particuliers de l’enseignement et de la recherche hors des grands centres : frais de déplacement et financement des pavillons hors-campus sont donc touchés directement.

Image: Jimi Filipovski / Unsplash.com

Ces enveloppes avaient été attribuées au tournant du millénaire afin de répondre aux besoins spécifiques des universités régionales, soit le développement du territoire et un maillage serré avec leur milieu.

Réactions

À l’instar de la rectrice Nicole Bouchard, l’ensemble des élus locaux et la communauté universitaire ont affirmé leur volonté de faire corriger le tir. N’hésitant pas à parler d’austérité, un terme qui ravive bien des tensions, la direction de l’université a opposé une fin de non-recevoir à ces coupures par la voie d’un communiqué destiné à la communauté universitaire :

« Notons que ce manque à gagner est déjà effectif et a des impacts majeurs pour le budget 2019-2020. Sans un redressement de la situation par l’actuel gouvernement, nous ne pourrons atteindre l’équilibre budgétaire. Le comité de direction prend très au sérieux cet état de fait. D’entrée de jeu, il s’engage à ne pas faire subir de coupes financières à la communauté. De telles actions replongeraient notre organisation dans un climat d’austérité qui aurait des répercussions irréparables sur l’accomplissement de nos missions universitaires et sur les projets de développement social, économique et culturel de la région. »

La rectrice Nicole Bouchard devrait rencontrer le nouveau ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur Jean-François Roberge au cours des prochaines semaines. Selon le communiqué, les premiers contacts ont été « empreints d’ouverture ».

Révision du financement

Annoncée en mai 2018 par l’ancienne ministre de l’Enseignement supérieur Hélène David, la révision du financement des universités comprenait entre autre le concept de financement par mandats stratégiques émis par le gouvernement, auxquelles les universités devaient participer par l’atteinte de cibles définies. Dans la foulée, le gouvernement avait aboli une quinzaine d’allocations spécifiques.

Des abolitions dont la portée se révèle aujourd’hui pour l’UQAC, qui serait l’institution la plus touchée de la province en perdant 4,2 millions de dollars sur un budget avoisinant les 115 millions de dollars.

Malgré l’ouverture qu’aurait affiché le gouvernement caquiste devant la situation, il est bon de rappeler que l’approche des mandats spécifiques des libéraux avait été comparée aux contrats de performance promus par le chef de la CAQ, François Legault, alors qu’il était ministre péquiste de l’Éducation sous Lucien Bouchard.

La réforme libérale, présentée cet été comme une hausse de financement, comprenait également le déplafonnement des droits de scolarité des étudiant.es internationaux. Les impacts réels de cette autre mesure sur l’équilibre du réseau UQ et de l’UQAC en particulier sont encore inconnus.