Ceci n’est pas une fausse nouvelle

Ou peut-être que ça l’est, qui sait? Après tout, vous en conviendrez sûrement avec moi, il est devenu de plus en plus difficile de démêler le vrai du faux dans le monde virtuel. 

Par Audrey-Maude Lavoie

La désinformation est une pratique plus que courante. Quoi, n’avez-vous donc pas vu qu’un régime sans sucre permettrait de faire disparaître totalement un cancer? Vous ne savez donc pas encore que le réel géniteur du premier ministre Justin Trudeau ne serait en réalité nul autre que Fidel Castro? Voilà tant d’informations qu’on peut voir circuler à mesure que nos doigts font défiler nos fils d’actualités Facebook. 

Ce n’est pas un phénomène nouveau : la propagande est un outil de choix pour discréditer des personnes ou des idées qui confrontent les nôtres, un outil utilisé par plusieurs figures importantes de l’Histoire. Aujourd’hui, les interfaces virtuelles offrent des possibilités ahurissantes qui permettent le partage de connaissances, et ce, peu importe leur véracité.  

Je ne compte plus les fois où j’ai vu des personnes partager ces nouvelles tirées par les cheveux et qui me donnent envie d’arracher les miens. On dirait que l’esprit critique semble disparaître spontanément lorsqu’on utilise les réseaux sociaux. Le filtre du gros bon sens s’envole, et on se met à partager n’importe quelle vidéo nous présentant une nouvelle qui pique notre curiosité, avec une musique entraînante et des mots en caractères gras percutants. 

C’est là la magie des fake news, comme se plaît à les pointer du doigt le cher président des États-Unis, Donald Trump : elles sont le parfait mixte de faits qui sont vraisemblables, basés sur la réalité, mais qui sont ensuite grossièrement déformés et/ou exagérés. Les fausses nouvelles sont dans une zone grise où on les trouve un peu folles, mais juste assez crédibles pour appuyer sur « partager ». C’est une machine qui s’enclenche ensuite rapidement : une étude du réputé MIT affirme qu’une fausse nouvelle se répand sur Internet six fois plus rapidement que la vérité. Qui plus est, il semblerait que pour une fois, les vilains milléniaux ne soient pas les pires. Les champions de la désinformation sont plutôt ceux de 65 ans et plus, qui sont sept fois plus portés à partager une fausse nouvelle. Alors, la prochaine fois que ta grande tante partage une photo qui dit en rouge fluo que « LE LAIT DE VACHE EST LE PIRE CANCÉRIGÈNE JAMAIS IDENTIFIÉ », dis-toi que ce n’est peut-être pas à prendre tout à fait au sérieux. 

Certaines de ces nouvelles sont inoffensives et cocasses par leur absurdité. D’autres sont propagées à des desseins obscurs, traitant de sujets délicats comme l’immigration ou la religion; bref, de parfaits outils pour semer la division dans une chaîne humaine facebookienne d’une ampleur inestimable. 

J’appelle à plus de conscience, plus d’esprit et une approche intelligente face au contenu publié sur les réseaux sociaux et les médias. Peut-être alors pourrons-nous avoir plus de respect, plus de tolérance et plus de réflexions sensées. N’ayez pas peur de vous questionner lorsque vous voyez des sources douteuses : en se demandant simplement qui, quoi, quand, où et comment, et avec quelques vérifications, on évite de participer à la diffusion massive de propos douteux. 

Vraiment, il n’y a rien de mal à se tourner les doigts sept fois avant de publier.