Graveyard Keeper : qui n’a jamais rêvé d’être un fossoyeur?

Après le stress occasionné par les examens et les travaux de fin de session, quoi de mieux qu’un bon vieux jeu de gestion pour se détendre et recharger ses batteries? Pour l’occasion, je vais vous présenter un petit jeu indépendant et diablement original : Graveyard Keeper

Par Jessica Normandin

Souvent décrit comme le cousin maléfique de Stardew Valley, un jeu où l’on doit construire une ferme, Graveyard Keeper raconte l’histoire d’un homme des temps modernes qui, alors qu’il s’apprête à rejoindre sa bien-aimée, se retrouve mystérieusement projeté au Moyen Âge. À peine vient-il de débarquer dans ces contrées inconnues qu’il se voit octroyer l’heureux titre de gardien du cimetière. Métier qui, peu invitant, ne l’enchante guère, d’autant plus que son prédécesseur semble avoir disparu dans des circonstances on ne peut plus louches. 

Ne comprenant rien à ce qui lui arrive et voulant à tout prix retourner à son époque, le protagoniste devra se lier d’amitié avec des personnages tous plus farfelus les uns que les autres afin que ces derniers puissent lui donner des éléments qui l’aideront à avancer dans sa quête. Toutefois, leur empathie n’est pas spontanée : dans Graveyard Keeper, aucune aide n’est gratuite.  

Afin de répondre au mieux aux demandes parfois exigeantes des personnages non jouables, il vous faudra donc entretenir votre cimetière, votre église (qui deviendra accessible plus tard dans le jeu) et vos récoltes, améliorer vos compétences et surtout, faire de l’argent et produire divers matériaux. Par ailleurs, le joueur aura également l’occasion d’explorer un donjon truffé de monstres où il pourra récolter certains matériaux exclusifs à cet endroit.    

Du farming à l’état pur  

Disons-le d’office : il ne faut pas être rebuté par les longues sessions de farming pour apprécier l’expérience que nous propose Lazy Bear Games. Comme mentionné plus haut, les villageois auront plusieurs quêtes. Toutefois, pour espérer compléter une quête principale, le joueur devra en finir d’autres simultanément, ce qui peut donner l’impression que le jeu part dans tous les sens. Cela a bien évidemment pour effet de ralentir considérablement le rythme du jeu. C’est d’ailleurs pour cette raison que le côté farming de Graveyard Keeper est souvent cité comme un défaut.

Outre le farmingGraveyard Keeper est un jeu de gestion beaucoup plus complet qu’il n’y paraît, et ce, grâce à un arbre de technologies qui s’améliorera tout au long de la partie. Cet arbre contient plusieurs branches comme l’anatomie, la théologie, l’écriture, la construction, la cuisine, etc. Chacune de ces catégories contient à son tour diverses technologies qui peuvent être débloquées via des points que l’on récolte lorsque l’on effectue une action. C’est d’ailleurs ce qui peut rendre certaines quêtes assez longues : le fait qu’elles nécessitent une technologie qui n’est pas encore acquise par le personnage.  

Un humour noir présent et nécessaire

Dans Graveyard Keeper, votre cimetière n’est pas perçu comme un lieu de recueillement, mais plutôt comme un commerce! Celui-ci devra être le plus reluisant possible afin qu’il ait une meilleure réputation. Le joueur devra parfois (souvent!) laisser tout sens moral de côté afin de parvenir à ses fins.   

Récupérer des cadavres, les dépecer, les étudier, revendre leurs viandes au tavernier du coin; il s’agit là d’un univers qui, mal emmené, aurait pu susciter beaucoup d’émoi. Heureusement, le jeu ne semble pas avoir créé de débats enflammés sur la toile, malgré son audace. Le récit se déroulant à une époque lointaine et enrobé d’un humour de bon goût, les concepteurs parviennent à atténuer le côté glauque de leur création. D’ailleurs, c’est justement cet univers morbide qui rend ce jeu de gestion unique et original.