Climat et GNL: même débat

Déjà deux semaines se sont écoulées depuis la rentrée scolaire pour tous les étudiants de la région du Saguenay. Ce mercredi 11 septembre, pour les étudiants de l’UQAC, la session prendra une tournure politique avec l’assemblée générale spéciale de grève du MAGE-UQAC.

Par Simon Tremblay

Photo: Delphine Ménard

Les étudiants devront se prononcer vis-à-vis leur participation à la grève mondiale et à la manifestation pour le climat du 27 septembre. Cependant, à l’aube de la campagne électorale fédérale, un sujet chaud au Québec attire aussi particulièrement l’attention, et pourrait changer le point de mire de la manifestation: le controversé projet de gazoduc et d’usine de liquéfaction de gaz naturel du GNL Québec. Les étudiants devront donc, non seulement délibérer sur la grève pour l’action climatique, mais aussi décider s’ils sont prêts à s’affirmer vis-à-vis le projet de transport et de liquéfaction de gaz naturel dans leur région.

Comment ne pas faire le lien entre le projet de GNL Québec et la lutte contre les changements climatiques, enjeu principal de la manifestation du 27 septembre? Jamais les enjeux n’auront étés aussi concret : nous avons un promoteur privé dans la filière des énergies fossiles, qui propose d’investir 14 milliards pour un projet de développement régional. D’un côté, les groupes environnementaux, dont Coalition Fjord, Nature Québec et Équiterre, avec l’appui de 40 000 citoyens engagés, se mobilisent et déposent une pétition contre le projet.

Paradoxalement, à l’autre bout du spectre, les élus municipaux, provinciaux et même fédéraux, semblent donner un appui inconditionnel à ce projet qui amènerait un investissement majeur et des emplois en région. Nous voyons donc un exemple concret du polarisant débat entre le développement industriel et la préservation de l’environnement.  

La lutte entre les deux positions est constante depuis plusieurs mois. Un peu à l’instar des groupes politiques, nous assistons à un repli marqué sur ses positions respectives de chaque côté. Vendredi dernier, Richard Martel, député conservateur dans Chicoutimi-Le Fjord, y allait de l’affirmation « À un moment donné, on va faire quoi ? Devenir Val-Jalbert? », pour tourner en dérision l’opposition à GNL.

En parallèle, la Coalition Fjord, leader du mouvement d’opposition au projet, organisait la semaine dernière sa réunion mensuelle. Les associations étudiantes des deux Cégeps de la région, le MAGE-UQAC, ainsi que de nombreux citoyens y étaient pour réitérer leur opposition au projet GNL, et participer à des sessions de travail pour organiser la manifestation du 27 septembre.

Où en sommes-nous?

Si les élus donnent un appui inconditionnel au gazoduc, tout n’est pas encore joué, car Ottawa devra donner son accord final sur le projet. Or, l’Agence Canadienne d’Évaluation Environnementale, ainsi que Pêches et Océans Canada, estiment que l’évaluation environnementale de GNL Québec ne respecte pas la Loi sur les Espèces en Péril (LEP).

C’est que le transport des hydrocarbures par méthaniers – et le bruit généré – affecterait la population de bélugas du Fjord du Saguenay et de l’Estuaire du Saint-Laurent, une espèce menacée. Le promoteur n’a pas encore été en mesure d’évaluer les impacts maritimes du projet, ni de faire l’évaluation d’un autre site potentiel que l’amont du Fjord du Saguenay pour son complexe industriel.

Le promoteur devra donc redoubler d’ardeur pour faire valoir des mesures d’atténuations devant Ottawa. Pendant ce temps, la Coalition Fjord et les autres groupes continuent leur pression et attendent une position concrète du gouvernement Trudeau. Pour ce qui est des étudiants de l’UQAC, ce sera à leur tour demain de prendre position sur la manifestation du 27 septembre.

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