Des groupes trop nombreux dans certains programmes

Même si dans sa planification stratégique 2019-2023, l’UQAC affirme être une université de « proximité », huit professeurs du département des sciences de l’éducation ont voulu partager une problématique à laquelle ils sont de plus en plus confrontés, soit celle des classes surpeuplées. 

Par Julien Gauthier

Nous avons rencontré les professeurs Stéphane Allaire et Nicole Monney, tous deux signataires de la lettre publiée dans Le Quotidien du 3 septembre dernier, qui voulait nuancer l’annonce de l’augmentation de 8 % des inscriptions pour la session d’automne 2018, une hausse particulièrement marquée dans les programmes en enseignement. 

Ceux-ci se réjouissent que davantage d’étudiants choisissent l’UQAC –et donc les études supérieures en région –, mais souhaitent néanmoins attirer l’attention sur les problématiques pédagogiques engendrées par des groupes trop nombreux. 

Une directive de l’administration 

Autrefois, l’administration laissait les départements décider eux-mêmes de l’attribution des cours. Ainsi, les directions de programmes, les professeurs et les chargés de cours se réunissaient à l’interne et faisaient la répartition et la distribution des activités. 

Selon Stéphane Allaire, ce processus est remis en cause depuis l’arrivée d’un projet pilote : « Depuis juin, les directions de programme doivent aller négocier à la pièce les cours. Ils envoient leur argumentaire à l’administration, qui, elle, est composée de gens qui n’ont possiblement pas la connaissance fine que nous avons. » 

Gilles Imbeau, président du syndicat des professeurs de l’UQAC

Gilles Imbeau, président du Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAC, déplore-lui aussi cette nouvelle façon de faire : « Ce que nous n’aimons pas dans la méthode actuelle, c’est que c’est l’administration qui a décidé. Nous comprenons que l’UQAC ait des cibles budgétaires, mais nous souhaitons qu’elle laisse aux départements davantage de marge de manœuvre. Ce sont les départements qui connaissent le mieux leur clientèle étudiante. » 

Pour Nicole Monney, il s’agit entre autres d’une façon que l’UQAC a mis en place pour économiser : « Moins l’administration octroie d’activités, moins elle a de chargés de cours à payer. » Elle estime également que l’administration tend à s’inspirer davantage des grandes universités, comme l’Université Laval, une réalité qui touche également l’UQAR, l’UQO et l’UQTR. «  »Si l’Université Laval le peut, pourquoi pas nous? », c’est un discours que nous entendons régulièrement », ajoute-t-elle. 

CEUC a pu consulter un document émanant de l’administration et s’adressant au corps professoral. Les professeurs y étaient appelés à adapter leur pédagogie au nombre d’étudiants dans leur groupe – et non l’inverse. 

De son côté, l’UQAC affirmait dans sa planification stratégique vouloir « [miser] sur des stratégies éducatives en adéquation avec les aspirations de chaque personne ». 

L’administration affirme quant à elle que la plupart des groupes demeurent en moyenne constitués d’entre zéro et 20 étudiants, mais admet tout de même qu’il puisse arriver qu’il y ait un ou deux groupes d’une centaine d’étudiants; il s’agirait néanmoins de situations exceptionnelles.