Discorde entre l’administration et les professeurs

Les relations entre le Syndicat des professeures et professeurs de l’UQAC et l’administration de l’Université ont pris une tournure tendue ces dernières semaines. La direction de l’UQAC a bloqué de ses serveurs l’adresse courriel d’un groupe de professeurs anonymes qui dénonçait les pratiques autoritaires de l’administration. 

Par Julien Gauthier

Les revendications du comité anonyme 

Parmi ses revendications, le groupe anonyme dénonçait notamment « l’attitude cavalière » de la rectrice Nicole Bouchard, certaines nominations de l’administration dans divers postes de gestion, les nouvelles méthodes d’attribution des cours et d’activités d’enseignement et les groupes trop grands. 

Ainsi, des échanges de courriels ont eu lieu entre certains professeurs. Les courriels émanaient d’une adresse ne provenant pas du réseau interne de l’UQAC.  

De son côté, le rectorat a affirmé être à l’aise de discuter avec les professeurs sur les éléments conflictuels, mais seulement à visage découvert. 

Avant de procéder au blocage de l’adresse courriel, Mme Bouchard avait donc appelé au dévoilement public des identités des professeurs en charge du comité. 

C’est devant l’absence de réponse qu’il fut décidé que le service informatique bloque cette adresse courriel des serveurs de l’UQAC. 

Un geste inacceptable, selon le président du syndicat des professeurs 

Pour Gilles Imbeau, président du syndicat des professeurs, ce geste est inacceptable. « De quel droit quelqu’un peut-il décider si je ne peux pas recevoir de courriels? Que quelqu’un vienne me dire qu’il n’aime pas ce que je reçois dans mon courriel, c’est une atteinte à la Charte des droits et libertés », affirme-t-il. 

Par voie de communiqué, le syndicat s’était étonné de cette façon de faire, qualifiant la situation « [d’]étrange comportement lorsqu’on se targue d’être transparent et à l’écoute de son milieu. » 

En réponse à ce geste, le syndicat des professeurs s’est réuni lors d’une assemblée générale le 4 septembre dernier et a unanimement dénoncé « les pratiques autoritaires de gestion qui prévalent actuellement » de la part de l’administration. Un grief a également été déposé, puisque l’administration n’a pas respecté son mandat sur l’attribution des activités pour les divers départements d’enseignements. 

Les tensions arrivent au moment où des rondes de négociations pointent à l’horizon entre le syndicat et l’administration, puisque la convention collective tombe à échéance le 31 décembre 2019.