Le projet de GNL peut être carboneutre, selon la Chaire en éco-conseil

La Chaire en éco-conseil de l’UQAC, mandatée par GNL-Québec, vient de rendre public son rapport visant à démontrer la possibilité de la carboneutralité de son projet. 

Par Julien Gauthier

D’entrée de jeu, le rapport estime que la plantation de nouveaux arbres ainsi que l’achat de gaz naturel renouvelable seraient insuffisants, à court terme, pour arriver à cet objectif. L’idée du reboisement massif a aussitôt été abandonnée puisque le Ministère des Forêts, de la Faune et des Parc n’est pas prêt pour un tel projet, estime Claude Villeneuve, directeur de la Chaire. 

Pour atteindre la carboneutralité à court terme, les travaux concluent qu’Énergie Saguenay devra davantage miser sur le captage, la purification et l’utilisation du CO2, ce qui nécessiterait la mise en place d’un nouveau parc industriel permettant sa conversion en énergie. Ainsi, Énergie Saguenay ne pourra pas faire cavalier seul. Pour développer le potentiel parc industriel, il faudra que l’entreprise s’associe avec les autorités gouvernementales – municipales, provinciales et fédérales –, les milieux institutionnels ainsi que des entreprises. 

Un accueil divisé 

Le rapport a été bien accueilli par le directeur régional de GNL-Québec, Stéphan Tremblay. « Faire de la pollution une ressource, je pense que ça peut être très porteur pour la région », a-t-il affirmé à Radio-Canada. 

Jean Paradis, ancien directeur du Cégep d’Alma et militant écologiste, a pour sa part fustigé le rapport en dénonçant l’attitude de la Chaire, qui, selon lui, fait fi des objectifs finaux de GNL : « Si c’est carboneutre, tout est permis? […] Que soit des hydrocarbures fossiles […], des produits cancérigènes, des produits toxiques, tout est parfait? » a-t-il affirmé dans une lettre ouverte. 

Les experts contredisent les chiffres de GNL 

Le rapport effectué par la Chaire en éco-conseil se base sur les chiffres émis par GNL, qui prévoit des émissions de 421 000 tonnes de CO2 annuellement. 

En juin dernier, une lettre signée par 150 scientifiques à travers le Québec dans le quotidien Le Devoir faisait plutôt état d’émissions en amont de 8 millions de tonnes annuelles, si l’on tient compte de la construction de l’usine, du transport par oléoduc ou encore du transport par navire du gaz liquéfié. 

Si l’on tient compte de la la combustion du gaz liquéfié et du risque de fuites potentielles, la communauté scientifique parle même de 30 millions de tonnes annuelles de CO2. 

En comparaison, chaque canadien produit en moyenne 15,1 tonnes de CO2 chaque année. 

Pour consulter le rapport de la Chaire en éco-conseil : http://ecoconseil.uqac.ca/gnl-quebec/