Conseil municipal : Josée Néron sur la défensive

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, a du défendre à plusieurs reprises ses propos lancés lors du Cercle de Presse de Saguenay à l’endroit des opposants à GNL-Québec, lors de la séance du conseil municipal.

Par Julien Gauthier

Photo : Julien Gauthier

Étudiant.e.s du Cégep de Chicoutimi, de l’Université du Québec à Chicoutimi, représentant.e.s de la Coalition Fjord et citoyen.n.e.s, une vingtaine de personnes sont venues afficher leur mécontentement quant à l’attitude cavalière de la mairesse de Saguenay envers les opposants aux grands projets industriels, dont celui de GNL-Québec.

Rapportés par Radio-Canada, Le Quotidien et CEUC, cette dernière avait notamment affirmé le 23 octobre 2019 que les opposants à GNL qui proviennent de l’extérieur de la région n’avaient pas à ce mêler de ce qui se passait à Saguenay, une déclaration faite en réaction à une lettre ouverte publiée dans La Presse par 40 économistes qui remettaient en question la viabilité économique et qui rappelait les risques environnementaux du projet.

DOSSIER : Josée Néron lance un plaidoyer en faveur de GNL-Québec

Elle avait également lancé une pointe envers la marche pour le climat du 27 septembre, qui selon elle donnait une mauvaise image de Saguenay aux grands promoteurs qui aimerait s’établir dans la région.

Pas de rencontre avec des experts indépendants

Questionnée par l’une des porte-parole de la Coalition Fjord, Anouk Nadeau-Farley, il fut révélé par la mairesse que les seuls spécialistes prétendument indépendants que le conseil municipal a consulté furent en réalité financé par le promoteur du projet lui-même, soit Énergie Saguenay.

De plus, seulement quelques membres du Conseil ont accompagné la mairesse lors d’une rencontre organisée avec quatre experts s’étant déplacé à Saguenay dans le cadre de la tournée «GNL/Gazoduq Regard interdisciplinaire» les 3 et 4 octobre dernier.

Anouk Nadeau-Farley, porte-parole de la Coalition Fjord
Photo : Julien Gauthier

Comme le gaz liquéfié de GNL-Québec serait extrait par le biais de fracturation hydraulique, un processus nuisible pour la santé et dénoncé par l’Association canadienne des médecins et qu’il forcerait la construction d’un oléoduc qui traverserait six provinces et 170 municipalités d’ouest en est du Canada, un citoyen a remis en question la moralité du projet : « Est-ce moralement acceptable de faire de l’argent au détriment de la santé des enfants et des autochtones de nos compatriotes de l’ouest Canadien? »

Le président de l’association étudiante du Cégep de Chicoutimi, Étienne Mailloux, a pour sa part dénoncé l’utilisation de la formule « Maître chez nous » par Josée Néron ayant pour but de justifier le caractère souverain de Saguenay en ce qui a trait à l’implantation de grands projets industriels.

Selon lui, cette expression – d’abord utilisée par le gouvernement Lesage en 1962 dans la foulée des grands projets de nationalisation hydroélectrique – est douteuse. « C’est un projet à capital californien, ce n’est pas québécois, ce n’est absolument pas saguenéen. En quoi c’est être maîtres chez nous de laisser des compagnies américaines d’utiliser notre territoire? ».

Un citoyen expulsé

Alors que les délibérations prenaient place au sujet du projet de GNL-Québec et que les militants défendaient leur point de vue, un citoyen a dû être expulsé du conseil municipal par la police de Saguenay.

Ce dernier, visiblement irrité par ceux-ci, s’est levé pour invectiver les citoyens exprimant leur désaccord quant aux grands projets industriels.

TAGS: