PEQ, taureaux, vaches et veaux

Le cafouillage du gouvernement caquiste dans le dossier de la réforme du Programme d’expérience québécoise (PEQ) trahit une vision simpliste de l’administration publique. Dans ce cas-ci : la réduction des étudiant.e.s internationa.ux.les inscrit.e.s au Québec à un troupeau de chiffre, un bétail économique. 

Par Stéphane Boivin

Simon Jolin-Barrette – Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Le PEQ, un programme qui constitue une voie rapide vers la citoyenneté pour les diplômé.e.s des institutions québécoises, était utilisé depuis des années pour attirer les inscriptions. C’était donc une sorte de contrat, une promesse de l’État. On a voulu le restreindre à certains métiers correspondant à cette fameuse pénurie de main d’œuvre assez mal documentée. 

Une promesse bafouée l’espace d’une liste bâclée, de l’application aveugle d’une idéologie comptable. Le révélateur de l’absence de compréhension du monde de ces gestionnaires.  

Car, non content de trahir la parole d’un peuple, Simon Jolin-Barrette n’avait visiblement pas fait le tour de la question avant de prendre des décisions qui affecteraient le projet de vie de milliers de jeunes qui constituent les forces vives d’une société vieillissante et sclérosée. 

Le ministre avait-il réfléchi aux ressources investies depuis des décennies pour développer le recrutement international ? Avait-il pensé que bien des programmes, voire des universités, existent et continuent de se développer grâce à cette large proportion d’étudiant.e.s venu.e.s de partout? Avait-il considéré qu’il y aurait bientôt eu plusieurs syndicats sur son chemin devant ce changement déconnecté de priorités pédagogiques et financières ? 

Surtout, mesurait-il le dommage fait en quelque jours à la confiance de toutes ces personnes envers une terre d’accueil qu’ils et elles aiment et ont choisie? Pense-t-il que ce dommage sera effacé par une pitoyable retraite? 

Et vous, pensez-vous qu’on peut faire confiance à des gens qui ont une vision aussi limitée pour décider de l’avenir de ce cher Québec? Pour décider du bien commun dans des dossiers comme celui de GNL, par exemple?  

Pas moi. Ami.e.s venu.e.s étudier en ces murs, qui enrichissez tous les aspects de la vie régionale, veuillez accepter nos plus plates excuses.