Lettre contre GNL: parole à un prof

Le 30 janvier, six professeurs signaient une lettre en opposition au projet GNL Québec. Après avoir circulé parmi les professeur.e.s, chargé.e.s de cours et professionnel.le.s du campus, la lettre a recueilli 127 signatures issues de tous les départements de l’UQAC. Au-delà de la controverse et de l’opposition au projet, les scientifiques ont surtout voulu mettre de l’avant, dans cette lettre de cinq pages, les alternatives économiques et écologiques qui sont déjà en développement dans la région.  

Dans cette entrevue réalisée le 7 février, le co-auteur et professeur au département des sciences fondamentales Olivier Riffon aborde les alternatives économiques et environnementales issues de tous les départements de l’UQAC. Le financement de la recherche, la liberté académique, le rôle de l’université dans le débat public et la consultation du BAPE sont également abordés.

 « On a réalisé que dans tous nos domaines respectifs, la science dont on dispose nous démontre qu’il y a des problèmes avec ce projet-là (…) Mais on a aussi voulu dire qu’on travaille pour des propositions alternatives dans la région et souligner le rôle que l’UQAC peut jouer dans la recherche d’un développement qui serait plus cohérent avec les limites planétaires et humaines. » 

Les expertises développées à l’UQAC sont nombreuses et les auteurs de la lettre en font état. « Dans les faits, il y a des gens ici qui s’intéressent à l’organisation sociale, à des créneaux économiques émergents moins dommageables pour l’environnement. » Au niveau industriel, le développement d’un aluminium sans émission, du matériau bois dans le bâtiment, de la valorisation de biomasses forestières ou agricoles sont d’autres exemples alternatifs. 

Rôle de l’UQAC 

L’institution s’est dissociée de l’initiative souveraine des membres de son personnel. Ce n’est pas une surprise pour les auteur.rice.s puisque la neutralité de l’UQAC avait déjà été énoncée. Ce qui ne signifie pas qu’elle n’a pas un rôle à jouer, explique Olivier Riffon. « L’UQAC pourrait créer des lieux de dialogues où l’on pourrait discuter sereinement de ces projets. » Pour l’heure, cependant, il revient aux chercheurs et chercheuses de défendre publiquement leurs points de vue de manière autonome et indépendante.