Une marche en faveur de GNL est annoncée

L’UQAC a ce matin accueilli en ses locaux un point de presse de Pierre Charbonneau, militant pour les grands projets et employé de l’institution. Flanqué d’un représentant du mouvement Je crois en ma région et d’un modérateur de la page Facebook en faveur du projet de GNL Québec, M. Charbonneau a annoncé la tenue d’une marche d’appui aux grands projets le 28 mars prochain. 

Par Stéphane Boivin, Jean-Simon Gagné-Nepton et Julien Lemay-Roche

La marche citoyenne aura comme point de départ le stationnement de l’UQAC. Ce sera un évènement festif et familial selon M. Charbonneau, qui affirme s’être assuré de l’appui de représentants du milieu syndical dans l’organisation de l’évènement  La date choisie pour tenir la marche est significative pour Pierre Charbonneau, car elle aura lieu dans le contexte du BAPE entourant GNL Québec ce qui pourrait contribuer à envoyer le message clair que la région est prête pour accueillir ce projet ainsi que d’autres qui pourraient arriver dans l’avenir et ce peu importe leur nature.

M. Charbonneau invite par ailleurs les gens de l’extérieur de la région à se joindre à la marche en faveur du projet, reconnaissant désormais que celui-ci concerne l’ensemble de la province.

Interrogé par la presse sur la façon dont il faudrait composer avec les actions perturbatrices de mouvements d’opposition, Pierre Charbonneau a répondu “Comme on faisait dans le temps”, louant l’efficacité des vieilles méthodes.

En fin de journée jeudi, la page Facebook de Je crois en ma région n’avait pas encore relayé d’information à propos de la marche.

La position de la direction

La porte-parole de l’UQAC Marie-Karlynn Laflamme a confirmé aux Communications étudiantes que la direction avait été informée de la tenue du point de presse. Questionnée sur la prise de position médiatique d’un employé en ses murs, Mme Laflamme a affirmé que l’université défend la liberté d’expression de l’ensemble des membres de sa communauté. En tant que citoyen, M. Charbonneau a le droit, aux yeux de l’institution, de partager son point de vue sur son lieu de travail. Mme Laflamme rappelle que la Coalition Fjord, pour le même motif, avait également pu tenir un point de presse dans les murs de l’établissement par le passé.

Rappelons que l’UQAC a déjà affirmé sa neutralité à propos des grands projets à plusieurs reprises. Les membres du corps professoral sont libres de donner leur avis dans leur champ de compétence. Dans le cas présent, la direction défend sa position dans la mesure où la prise de parole de M. Charbonneau est à titre citoyen, non-académique, et qu’elle s’effectue dans le respect. 

Les opposant.e.s réagissent

Je crois en ma région a signifié à maintes reprises son ouverture à la discussion et à l’échange d’information. Toutefois, ni les médias étudiants, ni l’association étudiante, pas plus que certains médias locaux tels que Ruemorin.com n’ont été convoqués à ce point de presse. Celui-ci a néanmoins suscité la mobilisation rapide d’étudiant.e.s s’opposant au projet Énergie Saguenay de GNL Québec. 

Les opposant.e.s ont rapidement déployé une bannière devant le local où se déroulait le point de presse. Photo: Julie Godin

Häxan Bondu, étudiante et membre de la Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES), considère qu’il s’agit-là d’une provocation plutôt «courageuse» de la part des instigateurs de la marche en faveur des grands projets. La conférence de presse se tenant à l’UQAC en dépit du mandat très clair du MAGE-UQAC de s’opposer à GNL Québec «contribue à la polarisation», selon elle.

Dans le même sens, Haxän Bondu dénonce en particulier l’annonce d’une manifestation le 28 mars, quelques jours avant la mobilisation portée par la coalition étudiante CEVES et déjà prévue entre le 30 mars et le 3 avril. Mobilisation sur laquelle la communauté étudiante sera invitée à se prononcer en assemblée spéciale le 12 mars. 

La porte-parole de la douzaine d’étudiants qui chantaient à l’extérieur du local est, dans de telles circonstances, «curieuse de savoir quelles sont leurs véritables intentions».